Musée de la vannerie

Je suis né à Liège, de parents Limbourgeois. Peu de temps après ma naissance, nous avons déménagé à Stokkem, village situé entre Maasmechelen et Maaseik. Mon père était vannier, tout comme mon grand-père. C'est donc avec eux que j'ai appris le métier, avant de suivre un an d'études à l'école de vannerie de Stokkem. Du Limbourg, nous venions vendre nos paniers à Liège – le tout chargé sur un vélo. Une ville comme Liège représentait tout en potentiel ... Il fallait se débrouiller pour satisfaire les clients dont les habitudes et les goûts étaient différents de ceux des paysans. Si mon père était spécialiste de la grosse vannerie robuste – malle en rotin pour le Nord du pays – il disait de moi que j'était plutôt doué pour des modèles plus soignés et mieux finis. Peu de temps après mon mariage, en 1952, je suis revenu vivre à Liège où nous avons eu 3 enfants. Je travaillais l'osier à l'arrière tandis que mon épouse Lucienne vendait la marchandise dans le magasin que nous venions d'ouvrir à l'avant de la maison. Petit à petit, le plastic a remplacé la vannerie et nous avons décidé de vendre de la maroquinerie dans notre magasin. Avec l'arrivée de mes 2 fils dans l'affaire, notre magasin de maroquinerie s'est développé. C'est ainsi que de détaillants, nous sommes devenus grossistes et importateurs. Aujourd'hui, mon fils Henri voyage jusqu'en Chine pour ses affaires et il exporte dans toute l'Europe. La vannerie perdant de son utilité et la maroquinerie prenant le dessus, pendant des année je n'ai plus travaillé que le rempaillage des chaises à l'occasion. Mon épouse s'était spécialisée dans le cannage. Le temps a passé et aujourd'hui, je suis pensionné. Peu après son emménagement au château, mon fils Henri m'a demandé de lui fabriquer un ou deux éléments de décoration en vannerie. C'est de cette idée que la collection est née. Je me suis laissé prendre au jeu et rattraper par toutes mes connaissances en la matière. Pendant 2 ans, j'ai retravaillé l'osier, tous mes anciens modèles me sont revenus en mémoire et mes mains ont retrouvé leurs habitudes de jeunesse. La plupart des pièces de la collection sont donc neuves et fabriquées par moi-même - mais faites à l'identique - (vous pourrez lire J. D. l'étiquette). Quelques-unes proviennent de brocantes où je les ai achetées en mauvais état et restaurées (sur l'étiquette : R. J. D.). Toutes les pièces fabriquées sont réalisées "à l'œil". Je n'ai jamais travaillé sur cadre (moule) ou gabarit. Mes outils principaux sont, outre le banc, le double mètre, un bout de bois, couteau, sécateur, pointe, batte, le bloc pour les pièces rectangulaires, quelques cerceaux. Mes osiers proviennent pour la plupart de mon oseraie que j'ai plantée à Embourg.

Jean Davidts – vannier